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L’arbre en tant qu’unité peut parfois se diviser en plusieurs unités! un arbre schizophrène ?

 

L’individu

 

La croissance classique de l’arbre est un tronc droit s’élevant vers le ciel. Les cernes annuels poussant régulièrement lui donnant cet aspect circulaire et plus ou moins uniforme. Ainsi l’unité de l’individu est bien présente. Avec le test du colorant (injecté dans une racine) on démontre bien une circulation dans toutes les parties de l’arbre, de toutes les racines à toutes les branches et vice et versa.

Si l’on compare notre système cardio vasculaire au système hydraulique de l’arbre, nous pouvons voir une différence notable, l’un est ouvert l’autre est fermé. Le notre fonctionnant avec une unique pompe (le cœur) pour l’ensemble de notre entité, en circuit fermé. Celui de l’arbre est complètement ouvert, la pompe est le soleil, créant la transpiration réglé par les petites soupapes que sont les stomates, la réserve de nourriture externe est le sol, et les vaisseaux du bois faisant office de canalisations.

Par conséquent, l’ensemble peut profiter d’une partie ou de tous ces éléments en utilisant les conduits du bois. L’unité n’est donc plus obligatoire et plusieurs réseaux peuvent se créer au sein du même individu. Chacun profitant de la pompe soleil, de la réserve qu’est le sol, et d’un secteur de canalisations.

 

 

Quel intérêt à perdre cette unité ?

 

Cette métamorphose peut-être nécessaire pour la survie de l’arbre. Un climat pauvre en pluviométrie, un sol aride, une faible quantité de nutriment présent, peuvent amener l’arbre à perdre sa qualité d’individu. Une année sèche peut-être fatale au végétal, mais avec cette circulation devenue sectorielle, il peut survivre en se séparant d’une partie de son houppier. Une partie du système racinaire ne nourrissant qu’une partie des branches.

Cela est souvent le cas chez les sujets adaptés au climat sec, comme l’arbousier, le tamaris, mais aussi le cyprès, le charme et l’if. Visible de l’extérieur, cette perte d’unité, dessine sur les écorces la sectorisation du réseau. Entremêlement de troncs formant un tronc ! Apparitions de grosses veines ou forme de liane.. Autant de signes, pouvant évoquer un développement anarchique, alors qu’au contraire tout est bien structuré.

Ce type d’adaptation peut donner une certaine singularité à votre arbre, lui donnant, parfois, une esthétique du plus bel effet.

 

Observez bien, Il se passe des choses insoupçonnées sous leur immobilisme apparent ! Comme l’écrit si bien Christophe Drénou, il ne suffit pas de voir les arbres il faut les regarder!

 

Les arboristes grimpeurs.

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