Le temps humide et les températures relativement douces pour la saison, sont les paramètres idéaux faisant apparaitre les champignons. Comestibles ou pas, plus ou moins grands, solitaires ou à plusieurs, mais des fois très insidieux sous un aspect doux et innocent!
Champignons du bois
Beaucoup de champignons s’attaquent ou plutôt, pour être plus exact, se nourrissent du bois, vivant pour les pathogènes, mort pour les saprophytes (cf). Plus ou moins virulents, les plus craints restent les champignons racinaires.
Leur particularité est de ne proliférer que sur la base du tronc ou sur les racines. Certains profitent d’une « porte ouverte », concrètement d’une blessure sur un arbre, de cause humaine (engins de tonte près du collet de l’arbre, lame sur une racine de surface, creusement mécanique sectionnant une partie du système racinaire, etc …..) ou de cause accidentelle (soulèvement des racines par le vent avec éclatement, nécrose dûe à une asphyxie, etc…..), tandis que d’autres s’y attaquent plus frontalement sans avoir besoin de cette porte !
Une fois installé, le mycélium (c’est un peu la partie racinaire du champignon) œuvre à la dégradation du duramen ou de l’aubier suivant son espèce, en le « digérant » de différentes manières, laissant une pourriture cubique pour ceux consommant la cellulose et une pourriture fibreuse pour ceux consommant la lignine. Cette dégradation peut-être rapide de quelques mois à quelques années avant de conduire votre arbre à sa mort.
La propagation ce fait par le sol, le mycélium pouvant couvrir une grande surface ou par les spores sortants des carpophores (fructification du mycélium, ce que nous appelons généralement champignon, sans se souvenir que champignon désigne l’ensemble, carpophore et mycélium.)
Quelques exemples de très méchants !
L’armillaire couleur de miel (armillariella mellea), pourrissant toutes les racines périphériques en quelques mois, supprimant l’ancrage de l’arbre qui finit par tomber des fois avant même d’avoir pu montrer, par la perte de ses feuilles un signe de faiblesse.
Chapeau (5-25cm) d’abord convexe puis plan et étalé de couleur miel (d’où son nom très recherché), jaunâtre à fauve ou roussâtre, marqué d’écailles brunes, nombreuses et serrées vers le centre. Pied élancé et orné sous le chapeau, d’un anneau membraneux ample, jaunâtre.
Pour rester sur les espèces s’attaquant aux feuillus, le polypore aplani (ganoderma applanatum) fait également beaucoup de dégâts sur les arbres de parc.
Chapeau isolé (10-60cm), quelque fois groupés par 2-3 et imbriqués, semi circulaire, bosselés, aplanis, plus ou moins irréguliers, de couleurs brun-gris, à croute dur ne cédant pas à la pression des doigts. Marge nettement blanche au début, devenant crème puis brune avec l’âge.
Le Phéole de Schweinitz (polyporus scheinitzii) s’attaquant principalement aux conifères
Chapeau (10-40cm) isolé ou en groupe par 2-5.Quelquefois imbriqués, en éventails, plus ou moins circulaires ou semi circulaires, surface irrégulière formant une large rosette à la souche du support. Chapeau très hérissé, hirsute à feutré, jaune soufre à l’état jeune puis brun marron et finalement noir.
Cette liste est loin, très loin, très très loin d’être exhaustive, nous ne ferons pas ici un recueil sur les champignons, d’autres l’ont très bien fait pour nous!
Voir par exemple: Champignons de France et d’Europe occidentale de Marcel Bon (édition Flammarion)
Comment agir ?
Dans la majorité des cas la solution est l’éradication du sujet infesté, par l’abattage de ce dernier.
N’hésitez pas à prendre des photos si vous avez un doute, qui sait, peut-être pourrons nous vous l’identifier.
Pour éviter cette colonisation, tout d’abord, on le répète souvent mais, un arbre en pleine forme sera toujours résistant aussi bien à ces champignons qu’a toutes autres attaques de bactéries ou insectes. Les tailles doivent toujours être pratiquées par des arboristes grimpeurs, formés et aux techniques et aux connaissances du végétal. Et pour éviter celle par le sol, ne heurtez pas la susceptibilité des racines!
Bonjour. Vous êtes intervenus à la fin de l’hiver dernier et nous avons été très content de votre travail. Un immense et magnifique chêne dans le pré a depuis 2 ans plusieurs champignons au pied du tronc genre polypore aplani mais sans marge blanche.que faire?
Bonjour Monsieur,
Merci de vos compliments, il est assez difficile de faire une identification sur photo, peut-être pourrions nous se rencontrer sur place afin de faire un diagnostic plus poussé.
Je vous invite donc à prendre contact par téléphone au 06 30 40 40 39.
Merci
Bonjour ! j’ai un champignon qui pousse au pied d’un pin parasol § je m’inquiète pour l’arbre
Tout les champignons ne s’attaquent pas forcément aux arbres, avez vous une photo? Peut-être souhaitez vous un diagnostique sur place ? N’hésitez pas à nous contacter par téléphone afin de prévoir une entrevue sur le site.
Bonjour Mr Durand ! merci de m’avoir répondu ! en fait mon pin parasol est assez conséquent et le champignon ressemble beaucoup au le phéole de schweinitz , dois-je l’enlever ? et est-ce un commencement d’un arbre en déperdition ? sachant que je suis en ville et je n’aimerai pas qu’il tombe sur les maisons des voisins !je ne sait pas comment vous envoyez des photos ! merci à vous cordialement Damien Rousseau.
Le phéole de schweinitz est très virulent, enlever le champignon (le carpophore) est à faire pour éviter la dissémination, mais c’est le mycélium qui fait le travail de destruction. Il me parait malheureusement un peu tard pour espérer une remédiation de votre arbre.